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Cette étude s’inscrit dans le cadre du projet de recherche international et participatif TALANOA Water, qui explore les stratégies d’adaptation de l’agriculture méditerranéenne face au changement climatique. En effet, si le territoire méditerranéen a historiquement composé avec une période estivale sèche, il fait face aujourd’hui à une évolution rapide de la pluviométrie et une hausse de l’évapotranspiration. Ce phénomène se conjugue avec le développement des prélèvements, à l’origine d’importants déséquilibres quantitatifs de la ressource en eau. Parmi ces nouveaux usages, le bassin viticole de l’ex-LanguedocRoussillon connaît un fort développement de l’irrigation ces dix dernières années. Outre les contraintes climatiques nouvelles, il traverse également une crise de la demande touchant les marchés des vins à faible valorisation ainsi que les profils de vins rouges très concentrés. Le secteur viticole représente un enjeu socio-économique, politique et culturel majeur pour la région : alors que de nombreux aménagements et subventions publiques sont mis en place pour soutenir le développement de l’irrigation de la vigne et « sécuriser » la production, cette étude tente de questionner l’irrigation comme levier d’adaptation des exploitations viticoles au changement climatique. Ainsi, dans un contexte de raréfaction de la ressource en eau, de hausse de la demande et de conflits d'usage, quels sont les effets de l'accès à l'irrigation pour les exploitations viticoles du Languedoc-Roussillon ? Quelles trajectoires le développement de l'irrigation favorise-t-il pour les exploitations de ce bassin viticole historique : l’irrigation est-elle une opportunité ou une maladaptation au regard des contraintes climatiques et commerciales ? Pour y répondre, des entretiens semi-dirigés ont été menés auprès de trente viticulteurs irrigants à partir d’un échantillonnage établi en croisant un zonage pédoclimatique et une classification des exploitations selon leurs caractéristiques structurelles. À l’issue de l’enquête, huit profils-type d’exploitations sont identifiés au regard de leurs caractéristiques structurelles, de leur trajectoire et de leur stratégie. Parallèlement, l’analyse de plusieurs variables (exposition au stress hydrique, type d’infrastructures, dispositifs de pilotage, etc.) permet de retracer des situations hydriques-type. Ces deux grilles d’analyse permettent ensuite de caractériser les effets directs et indirects de l’irrigation sur les exploitations viticoles. Ainsi, l’irrigation s’avère être une charge physique, financière, administrative et mentale qu’intègrent les viticulteurs à leur gestion du vignoble : selon les capacités de personnels, elle est plus ou moins péniblement absorbée dans le reste des tâches de l’exploitant et de ses salariés éventuels. Néanmoins, tous ont jugé à leur avantage cette situation : les effets de l’irrigation consistent ainsi d’après les entretiens en une hausse de la vigueur des vignes, voire de leur survie dans les zones les moins fertiles. Dès lors, l’irrigation aide l’atteinte des objectifs qualitatifs et quantitatifs de la production, calibrés selon un profil de vin souhaité, ce qui facilite in fine la gestion commerciale. Irriguer le vignoble se révèle être à cet égard une adaptation ambivalente au changement climatique. En effet, l’irrigation peut faciliter l’expérimentation et la mise en place de pratiques agroécologiques plus résilientes, à l’instar de systèmes en associations de cultures. Mais elle conforte aussi des modèles issus de la libéralisation du vignoble dans les années 80 et dont la pérennité est remise en cause face à l’intensification des sécheresses et à la conjoncture commerciale. Plusieurs exemples ont par ailleurs illustré les limites des systèmes d’irrigation en cas de sécheresses répétées, se concluant dans les cas les plus extrêmes par la délocalisation de ces exploitations vers des terroirs plus fertiles. Finalement, un gradient de dépendance à l’irrigation se dessine : l’irrigation peut être passivement tolérée, vue comme un filet de sécurité utile ponctuellement, rendue indispensable au système de production tel que conçu ou hérité, voire devenir une condition sine qua non d’existence du vignoble. Cette analyse amène à la formulation de recommandations portant sur des leviers d’action technologiques, agroécologiques et organisationnels, à l’échelle de l’exploitation et du territoire. Ces pistes constitueront une base exploratoire à mettre en débat auprès des acteurs rencontrés, notamment lors d’ateliers participatifs organisés dans le cadre du projet TALANOA.

ce rapport présente les données utilisées par l'exercice de modélisation V1 6 novembre

Vous n'avez pas suivi le travail participatif de TALANOA mais souhaitez vous informer ou rejoindre la démarche ? Ce document vous donnera un panorama des actions et réalisations faites. Ce document présente de manière succinctes les différentes étapes et éléments produits par le projet