Soutenance de thèse de Juliette Le Gallo

Soutenance de thèse de Juliette Le Gallo - 13 Mars 2026

13 mars 2026

Institut Agro Montpellier

Juliette Le Gallo, doctorante au sein du projet Talanoa, soutiendra sa thèse en sciences économiques, intitulée "Des adaptations passées aux trajectoires futures: modélisation des réponses à la raréfaction de l’eau et au changement climatique dans l’agriculture méditerranéenne"

Cette thèse a été menée au sein de l'UMR Innovation, dans le cadre du projet Talanoa-WATER, sous la direction de Nina Graveline, Arnaud Reynaud et Jean-Marc Touzard.

La soutenance aura lieu le vendredi 13 Mars 2025 de 15h à 18h dans l'amphithéâtre 206 à l'Institut Agro de Montpellier (2 Place Pierre Viala). La soutenance sera suivie d'un pot sur place. Un lien visio sera également disponible pour les personnes souhaitant y assister à distance. 
Les personnes souhaitant y assister, en présentiel ou à distance peuvent s'inscrire via le formulaire suivant.

Le jury sera composé de : 
Karl STORCHMANN, Professor, New York University - Rapporteur
Alban THOMAS, Directeur de recherche, INRAE - Rapporteur
Raja CHAKIR, Directrice de recherche, INRAE - Examinatrice
Marielle MONTGINOUL, Directrice de recherche, INRAE - Examinatrice
Katheline SCHUBERT, Professeure, Paris School of Economics - Examinatrice
Nina GRAVELINE, Chargée de recherche, INRAE - Co-directrice de thèse
Arnaud REYNAUD, Directeur de recherche, INRAE - Co-directeur de thèse
Jean-Marc TOUZARD, Directeur de recherche, INRAE - Co-directeur de thèse

Résumé de la thèse: 
L’agriculture méditerranéenne est particulièrement exposée aux effets du changement climatique, dans la mesure où la hausse des températures et l’augmentation de la fréquence des sécheresses accentuent la pression sur des ressources en eau déjà rares. Les systèmes de cultures pérennes, tels que les vignobles et les oliveraies, font face à des défis supplémentaires en matière d’adaptation, car ils impliquent des décisions d’investissement de long terme et limitent la capacité des agriculteurs à ajuster leurs choix de production à court terme. Dans ce contexte, l’irrigation apparait comme un levier central d’adaptation, tout en soulevant des préoccupations en matière de durabilité.
Cette thèse analyse les conditions économiques dans lesquelles les systèmes pérennes méditerranéens peuvent s’adapter au changement climatique, en mettant un accent particulier sur l’irrigation et l’évolution de la disponibilité en eau. Elle combine des analyses empiriques, de la modélisation microéconomique et des approches participatives, appliquées au contexte méditerranéen français, avec un focus particulier sur la viticulture en Languedoc-Roussillon et le bassin versant de l’Aude. Elle est structurée autour de quatre chapitres principaux.
Le premier chapitre propose une évaluation ex post du développement de l’irrigation dans les vignobles du Languedoc-Roussillon entre 2010 et 2020. À partir de données appariées au niveau des exploitations, il estime l’impact causal de l’accès à l’irrigation sur les performances économiques des exploitations. Les résultats montrent que l’irrigation augmente les rendements d’environ 17 % en moyenne et accroît à la fois le produit brut et les coûts de production, sans toutefois avoir d’effet significatif sur le revenu agricole net. Une forte hétérogénéité des effets est observée selon les types d’exploitations et les zones géographiques, avec des impacts particulièrement élevés pour les producteurs de vins IGP rosés et blancs.
Le deuxième chapitre développe un modèle microéconomique d’offre conçu pour représenter les systèmes de cultures pérennes sous contrainte hydrique. Sa principale contribution réside dans un cadre de modélisation original combinant deux niveaux d’optimisation : (i) des décisions d’investissement de long terme (par exemple, les décisions d’arrachage de cultures pérennes) et (ii) des choix de court terme relatifs aux cultures et à l’allocation de l’eau. Le modèle est calibré à l’aide de l’approche de programmation mathématique positive.
S’inscrivant dans un travail collectif, le troisième chapitre adopte une perspective participative afin d’explorer les trajectoires d’adaptation face au changement climatique et à la raréfaction de l’eau. En combinant la construction participative de scénarios avec un jeu sérieux, il met en évidence le rôle dominant des changements d’usage des terres et de la diversification dans l’évolution future de la demande agricole en eau, comparativement aux seuls scénarios climatiques. Il discute l’intérêt de ces approches en complément de la modélisation économique.
Enfin, le quatrième chapitre applique le modèle économique développé dans le deuxième chapitre dans un cadre couplé hydro-agro-économique afin d’explorer l’évolution future de l’agriculture dans le bassin versant de l’Aude sous des scénarios climatiques et socio-économiques contrastés à l’horizon 2050. Les résultats révèlent une forte hétérogénéité de la vulnérabilité et des trajectoires d’adaptation selon les types d’exploitations, déterminée par leurs caractéristiques structurelles et leur dépendance à l’irrigation.
Dans l’ensemble, ce travail montre comment la combinaison d’outils économiques standards et de méthodes participatives permet d’explorer des trajectoires d’adaptation et des instruments de politiques publiques associés.
 

Contact: juliette.le-gallo@inrae.fr