Note PTGE Dispositifs - Juin 2026

Note pour le PTGE - Quels dispositifs pour l’optimisation de l’irrigation et l’amélioration du sol en agriculture

Rédaction : Nina Graveline, Elie Boillot, Sylvie Morardet INRAE relecture participants à l’atelier du 26 juin 2026 MorFEUS X TAI-Oc. Cette note valorise les productions issues des démarches participatives de TALANOA, du projet TAI - OC et de MORFeuS. Elle s’appuie en particulier sur les ateliers des 25 et 26 juin 2026 proposés par INRAE et le PNR de la Narbonnaise en Méditerranée dans le cadre des projets MORFeuS et TAI-OC. Les détails des comptes-rendus seront disponibles sur le site internet du projet MORFeuS. Il a été souligné que le PTGE manquait d’expertise plus technique et de perspective du monde agricole sur la question des sols notamment. Cette note entend répondre à cela.

Objectif et méthode
Cette note recense les dispositifs et mesures discutés lors des ateliers par les participants pour
répondre aux enjeux d’amélioration du sol et d’optimisation de l’irrigation. Ces dispositifs ont été
produits lors de l’atelier de co-conception de dispositifs du 26 juin avec une quinzaine d’acteurs du
territoire. Leur construction est ancrée dans la prise en compte des enjeux et besoins identifiés la veille
par un groupe composé d’agriculteurs et de professionnels de l’accompagnement. La poursuite de
l’exploration de ces dispositifs sera envisagée sur le territoire avec l’appui du projet MorFEUS et
d’autres initiatives pour certains de ces chantiers.
Terrain concerné : le secteur aval de l’Aude : (Est-Audois, frange littorale, frange Est des Corbières)
Les enjeux de la transition agro-écologique : identification des freins x besoins
5 principaux freins à la mise en oeuvre de pratiques d’amélioration du sol et d’optimisation de
l’irrigation ont été identifiés.
La connaissance et le besoin de preuve technique :
 en particulier sur la “vie du sol” et les processus liés à la transformation de la matière
organique et les évolutions du carbone (stable ou non) pour ré-enrichir et restructurer les sols
 sur l’intérêt du goutte-à-goutte comparativement au gravitaire pour optimiser l’usage de l’eau
d’irrigation, objectif d’améliorer le rendement de l’eau notamment et surtout en période de
déficit. Le gravitaire sera plus difficile à défendre lors des sécheresses car il utilise des volumes
à l’hectare beaucoup plus importants que le goutte-à-goutte
 sur la rareté de l’eau sur le territoire et son accélération avec le changement climatique (rareté
au sens économique et au sens de la disponibilité de la ressource là où les cultures/plantes en
ont le plus besoin),
 sur l’installation et la gestion d’éléments pour favoriser l’infiltration de l’eau lors des pluies et
des crues de l’Aude (plantation en courbes de niveau, talus enherbé, noue, …) et l’installation
d’arbres agroforestiers en intra ou extra parcellaire.
Le “facteur humain”
 Au sein des EA, même si certaines évolutions sont souhaitées par tous, il est difficile en
pratique d’aller au bout d’une idée. La coordination et le changement des pratiques peuvent
effectivement être un frein qui sera plus important dans les grandes exploitations avec de la
main d'oeuvre. A contrario, les petites exploitations unipersonnelles n’ont pas d’enjeux de
coordination en leur sein, et si le chef d’exploitation décide d’une pratique, il peut la mettre
en oeuvre immédiatement.
Le besoin de preuve économique de l’intérêt de certaines pratiques :
 les coûts des nouvelles pratiques (directs ou indirects)
 Il y a deux leviers principaux sur le plan financier : la reconnaissance par le marché (le
consommateur) via les prix ou le soutien aux coûts de production.
 Il y a une notion de prise de risque à engager de nouvelles pratiques ou cultures et ce d’autant
plus face aux modifications du climat.
Le changement d’itinéraire technique et le besoin de matériel associé, notamment :
 machinisme (semoir direct, rouleaux, épandeur à fumier ou compost adapté à la viticulture ou
plus gros lors du travail hors des périodes de plantations)
 matériel génétique (cépages adaptés, variétés résistantes).
La réglementation en lien avec la PAC ou les cahiers des charges d’appellation :
 impossibilité de déclarer plusieurs fois la même surface pour des EA différentes (eg. Pâturage
sur vigne, viti-foresterie ou association de cultures)
 non reconnaissance des complantations d’espèces pérennes sur une parcelle (frein au
développement de la viti foresterie)
 limite des densités et des cépages dans les cahiers des charges d’appellation.
Les mesures ou dispositifs envisagés par les acteurs
Trois chantiers techniques ont servi de fil rouge pour la co-construction des dispositifs : (i)
l’optimisation de l’irrigation, (ii) la gestion du sol via les couverts et les amendements, (iii) la
agro/vitiforesterie et le vitipastoralisme.
Les actions les plus “terrains” sont en début de tableau, celles liées aux politiques publiques sont plus
en bas du tableau. Les acteurs porteurs de ces actions sont implicites mais pourraient être explicités.
Des dispositifs innovants ressortent et s’appuient sur des associations entre plusieurs leviers.

 

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